Premier Mouvement.
Pourquoi j’écris ? Je ne sais pas, c’est juste une nécessité lancinante, irréversible, un besoin de mettre de l’ordre, de poser l’angoisse de mon esprit. D’une certaine façon cela me donne l’impression de l’extérioriser, l’objectiver, la regarder afin de me découvrir en elle. Je la regarde, elle me regarde, nos regards méfiants et admiratifs se croisent, on se découvre, on prend sens l’un pour l’autre. Mot à mot on se dévoile afin de mieux nous entendre, car il ne s’agit point de guérir, mais de vivre, cohabiter. C’est me paraître à moi et au monde, aux émotions miennes et étrangères, c’est devenir, se réaliser par mon tragique et salvateur narcissisme
Second Mouvement.
J’écris encore et encore, je force le style, tente d’atteindre cette passe qualitative a laquelle j’aspire tant, cette beauté intérieure de l’âme enfin saisie dans ses formes les plus simples, les plus intimes de ma propre condition. Comment oser me dévoiler ainsi, me porter nu face a vous, sans pour autant mourir de honte et de vanité ?
Note
C’est drôle, j’écris sans avoir d’histoire, je trace sans avoir de ligne directrice… Je ne sais pas ce que je fais ni pourquoi….Mais j’aimerais que cela touche, que cela reste ! Désir si prévisible, dispositions si habituelles…Mais à la différence de beaucoup je n’ai pas la prétention d’échapper a moi-même et a autrui, d’être libre de choisir mon bonheur…Conscience n’est pas bonheur, mais plus grand désarroi encore.
